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Vienne - Poitiers -

Le rapport Delebarre enterre la LGV Poitiers-Limoges

28/07/2017 05:46
Onze minutes seraient nécessaires pour raccorder les rames de Limoges en gare de Poitiers. - (Photo d'archives Patrick Lavaud)

Le sénateur missionné par le précédent gouvernement préconise l’abandon du projet de ligne à grande vitesse et l’amélioration de la voie existante.

 Oui au TGV sur la ligne classique mais non à la LGV. Chargé de faire des propositions pour désenclaver le Limousin après l'annulation du décret déclarant la LGV Poitiers-Limoges d'utilité publique, le sénateur Michel Delebarre préconise l'abandon du projet retoqué par le Conseil d'État et l'amélioration de la voie ferrée existante pour relier Limoges à la LGV Paris-Bordeaux via Poitiers.

C'est la principale conclusion du rapport de 56 pages remis à la ministre chargée des Transports et rendu public hier. La plus attendue, en tout cas, alors que le projet contesté de barreau à grande vitesse paralyse une partie du territoire de la Vienne et de la Haute-Vienne, depuis plusieurs années.

« Dans la mesure où l'annulation du décret de DUP a été notamment motivée par un caractère d'utilité publique insuffisant du projet, la prise d'une nouvelle DUP conduirait très probablement à son annulation », écrit l'ancien ministre pour justifier l'abandon de la LGV Poitiers-Limoges, voulue par Bernadette Chirac et défendue par François Hollande.

Limoges à une heure de Poitiers

« Le projet déclaré d'utilité publique étant déjà minimaliste dans sa conception, avec 72 km de voie unique sur les 112 km de linéaire, il n'apparaît pas envisageable de relancer des études pour tenter de déclarer d'utilité publique un projet à fonctionnalité identique, de moindre coût et de moindre impact », ajoute-t-il.

Dès lors, quelle alternative privilégier ? À l'amélioration de la liaison directe sur la ligne Paris-Toulouse (POLT) qui placerait Limoges à 2 heures 40 de Paris dans le meilleur des cas et au raccordement à la très hypothétique ligne Paris-Lyon (POCL), Michel Delebarre préfère donc l'amélioration de la ligne Poitiers-Limoges existante pour relier l'ancienne capitale du Limousin à la nouvelle LGV Tours-Bordeaux. Au passage, il écarte d'ailleurs l'hypothèse de la création d'un barreau à grande vitesse plus court en Charente.

« Parmi les options qui rabattent les voyageurs du Limousin sur le réseau à grande vitesse, l'option de la LGV SEA à Poitiers semble la plus accessible, en améliorant la ligne existante entre Limoges et Poitiers et diminuant les temps de parcours pour tous les trains y compris les TER, et en déterminant l'équilibre optimal entre investissement public et temps de transport pour l'usager », précise le rapport. Cette option placerait Limoges à une heure de Poitiers (contre 1 heure 49 à 2 heures 07 en TER aujourd'hui et 35 mn sur la LGV prévue) et donc à 2 heures 30 de Paris (contre 2 heures dans le projet initial et en tenant compte des 11 mn nécessaires au raccordement des rames en gare de Poitiers).

" Un intérêt réel des acteurs de la Vienne "

A ces considérations, Michel Delebarre ajoute l'avantage de la structuration de la nouvelle grande région administrative qui rassemble Limoges et Poitiers et l'amélioration de la desserte TER entre les deux anciennes capitales régionales. « Ceci permettrait d'offrir aux habitants concernés une autre alternative à la RN 147 et de susciter un intérêt réel des acteurs de la Vienne pour le projet », écrit-il.

Reste à déterminer précisément le coût des travaux. « Il pourrait être au-dessous de 450 M€ aux conditions économiques de 2009, date des estimations de la SNCF », selon le rapport qui prévoit la création d'une voie secondaire dans les gares de Montmorillon et Peyrat-de-Bellac, des sections à double voie et quelques relèvements de vitesse complémentaires. Auxquels s'ajouteraient l'électrification et la mise au gabarit du tunnel de la Bastide, près de Limoges, évaluées à 122 M€. Les opposants à la LGV, pour leur part, estiment le coût de la seule électrification de la ligne à environ 800 M€. À titre de comparaison, la LGV Poitiers-Limoges était estimée entre 1,6 et 2,4 milliards d'euros.

L'auteur du rapport ajoute que ce chantier pourrait s'étaler sur dix ans, entre 2020 et 2030, s'il était inscrit aux deux éventuels prochains contrats de plan État-Région, permettant une mise en service plus rapide que l'horizon 2030-2050 auquel la LGV avait été renvoyée.

>> Lire aussi : Les grandes dates de la LGV Poitiers-Limoges

>> Lire aussi : Accélerer les aménagements de la RN 147

>> Consultez le rapport complet :

ils sont pour

 > Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports : « Les conclusions de ce rapport constituent des pistes importantes qui vont guider nos réflexions et nos travaux, notamment dans le cadre des Assises de la mobilité et de la loi de programmation des investissements », estime la ministre, dans un communiqué, en annonçant une réunion avec les élus du territoire à la rentrée. Le ministère précise que les travaux de Michel Delebarre « s'inscrivent pleinement dans la démarche annoncée par le gouvernement d'apporter une réponse adaptée aux besoins de mobilité des Français en favorisant notamment la modernisation des réseaux existants ».

 > Nicolas Bourmeyster, président du Collectif « Non à la LGV Poitiers-Limoges » : « Ce rapport propose de faire exactement ce que nous demandons depuis le début. L'amélioration de la voie existante est une préconisation intelligente qui ne fait pas dans la surenchère comme les projets de LGV délirants. On peut tout à fait faire circuler des TGV sur une ligne TER ; c'est ce qui se fait depuis des années entre Lyon et Grenoble et ça ne pose de problème à personne. C'est d'autant plus utile que cette ligne Poitiers-Limoges a besoin d'être rénovée. »

ils sont contre

 > Gérard Vandenbroucke, président de la communauté d'agglomération de Limoges et premier vice-président de la Région Nouvelle-Aquitaine : « Le rapport Delebarre est extrêmement décevant. C'est un rapport de petit boutiquier qui compte ses sous à la fin de la journée, qui n'est que dans l'immédiateté, qui n'offre aucune perspective et n'a aucune ambition pour le territoire. C'est un sparadrap sur une plaie sanguinolente… Je ne vais pas pleurnicher ; nous savons maintenant que nous allons être durablement pénalisés et nous devons chercher d'autres leviers de développement. Il n'est quand même pas normal que deux anciennes capitales régionales soient reliées par un chemin de chèvres. »

 > Alain Claeys, président de la communauté urbaine de Poitiers : « On ne laissera pas indéfiniment Limoges enclavé. Je ne le dis pas en tant que maire de Poitiers mais en tant que citoyen. Les collectivités du Limousin ont déjà participé à hauteur de 5 M€ au financement de la LGV Tours-Bordeaux ; nous avons une dette à leur égard. Les propositions du rapport Delebarre ne sont pas satisfaisantes. Sans LGV entre Poitiers et Limoges, la Région Nouvelle-Aquitaine serait déséquilibrée. »

Baptiste Bize

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